Je vais debout. A la source qui bouillonne, je me désaltère ego, et je me rassasie de ce qu'il reste de moi. De nous. Je sabre au clair de lune, et je décapitule. Je suis dans ma bulle de chair battue. Je m'en fous plein la gueule de bois coupé à blanc de mémoire qui vacille et qui flanche. Avalanche de souvenirs désossés, exhumés en mille morceaux, vendus à rabais aux moins disants. A prendre ou à laisser aux chiens, de guerre lasse, à leurs morsures en dents de scie. Dentelles et boursouflures sur ma peau de chagrin, brûlée par les vents secs, et flétrie par le temps. Le temps des Assassins.
Journal inachevé d'un humain de passage.
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