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Tous ces mots enfumés....

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Akli Ait Abdallah


Retour d'Algérie...

Publié par Akli Ait Abdallah sur 8 Mars 2013, 13:44pm

J'aime l’Algérie. Je déteste qu'elle ait mal. J'aime sa nature. Je déteste qu'on la saccage. Je déteste ceux qui pillent ses ruines et son corail. Ceux qui siphonnent son sous-sol pour engranger des fortunes. J'aime la jeunesse algérienne. Je déteste le sort qui lui est fait. J'aime sa fureur de vivre. Je déteste ceux qui la trompent et la méprisent. J'aime le climat algérien mais je déteste qu'il fasse trop chaud. J'aime les rues de la ville ou j'ai grandi. J'aime y rencontrer un ami d'enfance perdu de vue. Je déteste ce qu'est devenue celle ou j'ai vécu. Je déteste ce fouillis de buildings assis sur des milliards de locaux commerciaux. Je déteste le visage de cette ville que je ne reconnais plus. Je déteste tout ce béton cubique qui recouvre mon pays. J'aime les cafés de ma ville. J'aime quand Hamid, qui tient la caisse de l'un d'entre eux m'accueille avec une joie sincère. J'aime que Hamid, le petit caïd limite voyou , soit devenu un père de famille respectable. J'aime l'adhan. J'aime la voix du muezzin quand elle est belle. Je déteste les hauts parleurs qui font de l'appel a la prière une agression. J'aime la prière du soir , quand les rues se sont vidées. Je déteste que la vie s'y arrête dès la nuit tombée. J'aime le marché de mon quartier. J'aime les bruits qui le parcourent. J'aime la foule qui le traverse. Je déteste y voir un enfant qui vend des légumes. Je déteste y avoir vu de nombreux enfants qui vendent des légumes. J'aime les légumes qu'ils vendent. J'aime les poivrons, j'aime les cardes, j'aime les artichauts. Je déteste qu'ils soient si chers. Je déteste voir des pauvres qui, a la fin de la journée viennent ramasser les oranges et les tomates écrasées. Je déteste ces consommateurs ostentatoire qui jettent l'argent par les fenêtres de leur 4-4 a quatre vingt mille dollars. J'aime les algériens qui rêvent d'une Algérie plus juste. J'aime Habiba, qui filme son peuple . J'aime Habiba , qui s'acharne a convertir des jeunes de son pays a sa passion. J'aime Nacera qui n'a jamais pris la fuite. J'aime Nacera qui ne renoncera jamais a son rêve d'une Algérie belle. J'aime Abderrezzaq , qui continue de donner sa vie aux jeunes de sa ville. Je déteste que Habiba, Nacera, et Abderrezzaq soient obligés de se battre tous les jours contre l'inertie et les forces contraires. J'aime voir que dans ma ville, des enfants de familles modestes jouent au tennis. J'aime apprendre que des élèves de Habiba ont remporté des prix. J'aime les bouquets d'espoir que mes amis distribuent chaque jour. J'aime ma tante qui est un bouquet de roses a elle toute seule. J'aime son langage fleuri , son rire , et son humour. Je déteste son âge. Je déteste penser, auprès d'elle, que nul n'est immortel. J'aime ma famille. Je déteste devoir a chaque fois la quitter. Je déteste la distance qui nous sépare. Je déteste être parti. J'aime croire qu'un jour, je repartirai vivre la-bas. J'aime mon ami Mourad qui m'écrivait ce matin qu'on devrait se retrouver plus souvent , comme au temps de nos vingt ans. Que l'on ferait revivre. J'aime cette invitation, j'aime cette incitation a revenir vieillir auprès de mon enfance. J'aime la terre ou je suis né. J'aime la terre ou les miens sont enterrés. J'aime l’Algérie. Je déteste qu'elle ait mal.

Montréal, le 7.03.2013

Retour d'Algérie...

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