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Tous ces mots enfumés....

Tous ces mots enfumés....

Akli Ait Abdallah


Montréal, le 13 septembre 2013.

Publié par Akli Ait Abdallah sur 26 Septembre 2013, 19:58pm

Ici aussi il se passe des choses palpitantes. A Dorval, le douanier me demande d'où je viens. Du Liban. Vous avez encore de la famille la bas? Qu'est ce qui vous fait croire que j'ai déjà eu de la famille la bas? Mon nom? Je n'ai jamais eu de famille au Liban. Des amis oui mais pas de la famille. Et alors vous êtes d'où? Mais je suis d'ici Monsieur. Regardez mon passeport.
Et la le douanier me dit : Oui mais vous n'êtes pas né ici. Vous êtes né ou? Je suis né en Algérie. Fin du premier acte.
Que ramenez vous? Un carton de cigarettes. Et du matériel de travail appartenant a Radio-Canada. Deux ordis, deux Sony, des fils, et des bébelles. Rien de bien gros. Le douanier regarde ma de déclaration. Il barre le Non ou j'ai coché la question qui dit a peu près ceci: Avez vous des marchandises commerciales destinées a la revente ou pas.. Et coche le Oui au gros feutre rouge.
Bonjour. Bonjour. Je vais attendre ma valise dans laquelle j'ai d'ailleurs rangé "les marchandises de Radio-Canada". Sous mes chemises et sous mes pantalons. Et tout le reste. Pas de valise. C'est la faute a Middle East Airlines me dit un agent d'Air Canada. Ils sont très lents sur le transfert des bagages a Paris. Papiers, déclarations, je quitte le hall. Direction la sortie. Fumer ma première cigarette enfin. Mais ça devra attendre. A l'ultime contrôle avant la Marlboro, je suis envoyé a la fouille.
C'est a gauche. Couloir. File d'attente. Suivaaaaant!
C'est mon tour. La dame enfile des gants noirs. Ouvre mon petit sac a dos noir. Le vide. Y repère une figurine de Bart Simpson qui m'accompagne partout. Je l'ai trouvée chez ma grande sœur. Je ne sais plus pourquoi ni comment. Mais je l'ai toujours avec moi. Pas un porte bonheur. Plutôt comme une pensée pour ceux que j'aime.
La dame me demande ce que c'est. Ben c'est un Simpson. Bart est ausculté, retourné. Elle me demande si je peux l'ouvrir. Je lui demande si elle est vraiment sérieuse. Elle me répond qu'elle a le droit. Je lui répond qu'elle a qu'à le casser, le couper, je ne sais pas. Ma réponse semble la satisfaire. Bart a failli être écartelé. Il s'en sort bien. Carton de cigarettes. Des Kent achetées dans l'avion de la MEA. Et puis deux paquets de Marlboro Light. Deux. Laissés la ou je les mettais chaque matin avant de sortir travailler. Oubliés la? Je ne dirais pas ça. Laissés la. Et peut être un peu oubliés. Deux paquets de Marlboro. Vous ne les avez pas déclarés me dit la dame. Non. Vous auriez du. Vous dépassez le maximum autorisé. Je répond qu'elle peut les saisir si elle veut. Que je peux payer des taxes. Mais que j'en ai marre de me faire servir la leçon pour deux paquets de Marlboro. D'être fouillé comme si j'étais suspect de quelque chose. D'être soupçonné de me servir de Bart Simpson pour y dissimuler je ne sais pas quoi.
On a le droit Monsieur. Le ton est sévère. Je sais Madame. Mais vous avez aussi le droit de ne pas être aussi rigide. Elle me dit qu'elle va mettre une note a mon dossier pour non déclaration de je sais pas trop quoi. Je n'écoute plus. Je lui dis de faire ce qu'elle veut. Je remballe. La dame m'a laissé mes deux paquets de Marlboro.
A la sortie j'en ressors un. Première cigarette depuis la dernière, fumée avec Chady, le chauffeur de taxis libanais qui m'a amené a l'aéroport a Beyrouth. Je repense a ma valise. Elle arrivera peut être demain. Je repense au douanier et a la douanière. Je suis un peu en colère. Fatigué. Sale. Le matin j'ai renversé du café sur ma chemise blanche.
Il fait doux. Je veux fumer une autre de mes 40 Marlboro non déclarées. Ça va déjà bien. Ça ira mieux demain.

Montréal, le 13 septembre 2013.
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