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Tous ces mots enfumés....

Tous ces mots enfumés....

Akli Ait Abdallah


Entre les séismes et nous...

Publié le 17 Juillet 2013, 15:46pm

Un tremblement de terre en Algérie, même relativement faible, et c'est les très mauvais souvenirs des séismes de 1980 et 2003 à Chlef et Boumerdès qui ressurgissent. Pour avoir vécu le premier parmi les jeunes apellés du service mitaire immediatement dépêchés sur les lieux, et vu les conséquences du second en revenant en Algérie le lendemain du drame, je sais, comme d'autres, et au delà de la souffrance physique, combien ces événements peuvent atteindre, démoraliser, traumatiser même. Je me souviens de la douleur de ceux qui recherchaient leur fille ou leur père. Mon ami Abdel, qui frequente parfois cette page, y avait perdu une partie de sa petite famille. Je me souviens aussi de la terreur suscitée par les répliques qui viennent encore frapper des gens déjà sous le choc. Et ce sentiment, avec le verdict enflammé des juges de la morale publique et religieuse, que c'est le ciel qui s'acharne, malgré et par dessus les souffrances d'un quotidien peu clément.

Entre les séismes et moi, il y a comme une sorte de fatalité à se recroiser parfois. Je me souviens de mon arrivée en 2005 dans la ville en ruines de Muzaffarabad, capitale du Cachemire pakistanais, frappée deux jours plus tôt par une secousse 80 mille fois mortelle. Et de mon voyage à Port au Prince en 2010, alors que des dizaines de milliers de corps gisent encore sous les décombres d'une ville éventrée. Ici aussi la terre venait de frapper. En achevant 250 000 haïtiens et haïtiennes déjà peu épargnés par la vie. Sans parler de la désolation devant un tel carnage. Et des cadavres gonflés par le soleil, attendant sur le bord d'une route qu'on vienne leur donner un nom et une sépulture. Entre moi et les séismes...J'espère que la secousse de ce soir dans la région algéroise tiendra compte de la fragilité de ceux qui ont déjà été éprouvés par le passé. Si ça n'est pas la plus forte et la plus sérieuse des circonstances atténuantes, c'est qu'il n'y a pas de justice , divine ou autre. A mes amis algériens, a ma famille algérienne... Je sais ce que vous endurez. Je sais aussi que la distance me fait grâce de la peur que vous avez ressentie. Mais pas de mon devoir de solidarité. Je pense a vous. Et si par bonheur il y a plus de peur que de mal , ce sera toujours ça de pris a la guigne, a la scoumoune, au sort, au ciel, aux oracles, aux inquisiteurs, et aux prophètes de malheur.

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