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Tous ces mots enfumés....

Tous ces mots enfumés....

Akli Ait Abdallah


Abdelkrim , de Timimoun ....

Publié par Akli Ait Abdallah sur 26 Août 2012, 00:05am

Algerie, fevrier 2012...Il se prénomme Abdelkrim. Il a 29 ans, et il est originaire de Timimoun , une superbe oasis du Sud-Ouest algérien , capitale de la région du Gourara.

Du matin au soir, Abdelkrim se promène dans les rues de Rouïba, une ville de la banlieue

d’Alger, avec une grosse théière en dessous de laquelle il a scellé un petit brasero. Dans son sac, il y a aussi des cacahuètes, et des gobelets de plastique dans lesquels il distribue la boisson qu’il prépare dans un café en échange de quelques heures de travail.

Cela fait maintenant bientôt dix ans que ce soudeur de formation a quitté Timimoun.

Avant de venir battre le pavé avec sa bombonne de thé fumant, Abdelkrim a bien essayé de travailler dans le Sud, son Sud au sous-sol gorgé de gaz et de pétrole.

« J’ai été engagé par une entreprise privée à Hassi Messaoud , mais le salaire était minable, et je n’étais pas déclaré. Alors je suis parti, et je suis venu rejoindre mon oncle Abderrahmane déjà installé ici ».

A quinze dinars le verre de thé, Abdelkrim gagne sa vie comme il peut. En ces temps de grand froid, les affaires ne sont pas trop mauvaises. Ici quelques clients qui palabrent dans une boutique, là un vendeur de rue qui s’attarde dans la fraîcheur du soir…..

Abdelkrim s’est marié il y a deux ans. Sa femme et son enfant sont restés à Timimoun .

« Si les choses se passaient normalement, je devrais être avec les miens. Mais « ils » (Les sociétés qui exploitent le gaz et le pétrole) font venir des gens du Nord, pour travailler, et nous, les gens du Sud, on reste là, à regarder partir nos richesses… »

Abdelkrim garde le sourire, malgré tout. Rien de bien surprenant, quand on sait combien mes compatriotes « sudistes » sont réputés pour leur douceur, leur gentillesse, et leur hospitalité légendaires.

Abdelkrim vient de ramasser sa théière, et son sac. Un passant l’interpelle pour un verre de thé chaud. Quinze dinars à rajouter à la cagnotte. Ça ne vaut pas le prix d’un baril de pétrole, mais ça, au moins, Abdelkrim ne le doit à personne.

Abdelkrim , de Timimoun ....
Abdelkrim , de Timimoun ....
Abdelkrim , de Timimoun ....

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