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Tous ces mots enfumés....

Tous ces mots enfumés....

Akli Ait Abdallah


A voix basse....

Publié par Akli Ait Abdallah sur 1 Octobre 2012, 00:16am

A NDG , il y a un café ou je m'étais retrouvé il y a quelques années. C'était en été. Nous étions resté en terrasse, pour pouvoir fumer.

J'y suis retourné en ce jour triste et gris . Pluie battante , terrasse fermée. Je suis entré y retrouver une amie. Et j'ai (re)découvert un lieu d'une autre époque. Fauteuils en vieux cuir , tables sans éclat, décor suranné , atmosphère discrète , presque confidentielle. Ceux qui parlaient le faisaient à voix basse , comme s'ils confiaient à leur complice un secret de famille, un propos dangereux, une réflexion interdite.

Il faut dire que je parle fort , habitué des échanges tumultueux , ou simplement passionnés. Quand le Québec chuchote , l'Afrique du Nord bouillonne.

Avec mon amie , nous nous sommes aventurés du côté de son pays, la Tunisie, libérée de l'étau policier, aujourd'hui sous la menace de la tenaille islamiste. Nous avons aussi évoqué le mien, l'Algérie , pour chercher dans la terrible souffrance que la violence lui a infligé, quelque raison d'espérer pour sa voisine de l'est un destin moins absurde, moins sanglant, moins douloureux.

Dans leur folle espérance de vivre libres, et mieux, les algériens et les algériennes étaient loin de se douter qu'en retrouvant la parole et le droit de dire, ils allaient perdre celui de marcher dans la rue, de sortir le soir, et de dormir en paix.

Bien sur , la Tunisie n'en est pas là. Loin s'en faut. Mais comment ne pas craindre , parce qu’il arrive à l'Histoire de bégayer, le retour de ces temps sombres ou les hommes sortent leur couteau pour imposer leur foi , arracher le pouvoir,ou le garder au delà de la mort ...

A NDG, dans ce café à l'atmosphère confidentielle , j'étais certainement celui dont la voix portait le plus. On ne peut aborder ces histoires sans s'emporter , sans s'indigner encore, longtemps après l'hécatombe, de ce que les siens ont subi. Sans redouter que l'Histoire ne soit tentée de rejouer la même partition.

J'espère qu'un jour, nous aussi, comme les peuples qui ont su mettre la haine et la violence hors-la-loi, nous apprendrons à parler à voix basse. A chuchoter notre confort. Sans plus jamais avoir à crier nos souffrances. (AAA)

A voix basse....

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