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Tous ces mots enfumés....

Tous ces mots enfumés....

Akli Ait Abdallah


Moitié Moitié avec mon copain.

Publié par Akli Ait Abdallah sur 17 Février 2014, 02:59am

Dans un des cafés ou je vais parfois, je me suis fait un copain. Oranais. Au début nous parlions football. Fréha, Hadefi, Belkedroussi, le MCO, l'ASMO etc. Et puis un jour, pour rester en Algérie, nous avons parlé de politique. Mon copain est un fan absolu du président Bouteflika. "Il est (pour lui) celui qui a ramené la paix. Et puis qui connaît mieux les grands jeux de coulisses du théâtre politique algérien que lui ? "
Mais mon copain, au regard sombre quand il le dit, sait très bien que Bouteflika est malade.
Qu'il va bientôt passer l'arme a gauche, ou a droite, je sais pas. De spectaculaires combats de boue sont encore en cours, qui désigneront le pire d'entre nous pour une fonction en principe réservée au meilleur, a la meilleure. Ne rêvons pas.
Il y a quelques semaines, mon copain a découvert sur YouTube, un télécoraniste clownesque et populiste devenu star d'une télévision privée algérienne, Cheikh Chamssou. Mon copain trouve que Cheikh Chamssou dit des choses vraies, que c'est un patriote, qu'il aime son pays. Moi je lui répond que Chikh Chemssou rêve de mettre les hommes en kamis, les femmes a la maison, et les imams au pouvoir. Et que si ses prêches Juste pour rire sont si célèbres, c'est parce qu'il n'y a personne de crédible (au sein de nos dites élites) pour parler à l’Algérie. Même a mille dollars le prix du baril de pétrole, un Mandela, ça ne s’achète pas. Entre les gouvernants et les gouvernés, c'est l'apartheid. Comme au Club des Pins. Mon copain n'est pas d'accord ( Sur le baril et Mandela, si. ) Peut-être que je me trompe...
Mon copain aime aussi Alilou. Tout le monde connait Ali Benhadj, co-fondateur du Front Islamique du Salut en 1989. Tu connais pas Ali Benhadj tu n'es pas algérien. Même pas maghrébin. Mon copain aime Alilou "parce qu'il a jamais changé. Et quand il a été retirer son formulaire de candidature a la présidentielle, ils ont eu peur."
-Qui a eu peur ?
-Ceux qui dirigent , haw !
( je vous rappelle que mon copain est oranais, mot que mon correcteur ne reconnait pas.)
-ils veulent installer Benfliss ou Ouyahia. C'est pas du neuf ça ! C'est "nta3houm"! Pour les protéger! (Mon copain s’énerve.)
-Et tous ces généraux a la retraite qui veulent revenir, et toutes ces insultes qui fusent de partout, sha had cinima ?

Cet après-midi mon copain et moi on a pris un moitié-moitié. Malgré le froid, nous sommes sortis pour fumer une cigarette. Rue tranquille de Montréal. La cigarette finie, je suis parti. Mon copain est resté. Je crois qu'il voulait regarder jouer le Réal de Madrid.
Quelques heures avant cette rencontre, je me disais que je lirais bien quelques reportages racontant ce que disent les algériens de ces spectaculaires combats de boue dont je vous parlais et qui monopolisent le débat. Car dans la presse écrite algérienne, il n'y en a que pour ces crottés! (Corrigez moi si je me trompe et surtout, envoyez moi des liens!)
Un jour c'est Saidani , le lendemain c'est Said, la semaine d’après , c'est Gaid. Et puis, au pas camarades généraux, vient le tour d'un certain Yala, suivi d'un certain Hamel, ou d'un certain Benhadid, avant Tartempion. Je vous les donne dans le désordre. Et j'en oublie avec joie. On va pas perdre son temps avec des gens qui, avant de se déchirer pour le pouvoir, sont unis contre le peuple, peuple auquel ils ne parlent d'ailleurs jamais. Sauf campagne dont le seul but est de conserver leur patrimoine, disons. D’où Alilou et Chemssou. Non. J'exagère. Il y a sûrement des patriotes quelque part en haut, c'est certain. Mais tout ça est trop compliqué. Il y a longtemps que j'ai renoncé a tenter d'analyser des combats de boue pendant que plus personne ne parle d'éducation, de santé, de culture, de femmes, de jeunes, de vieux, de qualité de vie, d'environnement...
Et puis comment arriver a comprendre de si loin, quand ceux qui sont la bas s'y épuisent tous les jours? Le brouillard est très épais.
Cet après-midi, mon copain m'en a dit long sur ce que nous sommes, et sur ce que nous voulons être. Beaucoup plus que n'importe quel crotté quittant son combat de boue trois secondes pour nous crier son mépris avant de s'y replonger.
C'est pour ça que j'aime bien mon copain. Mon copain et le reportage. Dans tout ce brouillard, il n'y a que ça de vrai !

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