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Tous ces mots enfumés....

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Akli Ait Abdallah


Souvenirs d'Albanie...

Publié par Akli Ait Abdallah sur 27 Décembre 2013, 00:17am

En Albanie, la vendetta tue encore. Principalement des enfants.

Un papier de mon amie Briseida Mema correspondante de l'AFP à Tirana.



J'ai connu Briseida au milieu des annees 90. D'abord au téléphone. Moi recherchiste, elle souvent appelée par mon émission à la radio de Radio-Canada pour nous relater -brillamment- les événements dans son pays, alors balloté par de sérieuses turbulences politiques en lien avec des enjeux de pouvoir. Mon amie Gisèle Lalande l'a souvent interviewée.

En 1999, j'ai fait mon premier voyage inter pour Radio-Canada. En qualité de reporter. Devinez ou ? En Albanie. Ou des centaines de milliers de kosovars étaient venus se réfugier, fuyant l'armée serbe de Belgrade.

Briseida en etait avertie. Elle avait décidé de m'attendre a l’aéroport, de m'installer a l’hôtel Dajti, longtemps fréquenté par la nomenklatura de l’ère Enver Hodja, mais ce jour la complet comme tous les hôtels du pays. Les forces de l'Otan étaient sur le point d'arriver , et des centaines d’éclaireurs, dont les journalistes, étaient déjà sur place.

Briseida avait ses entrées. Les jours qui ont suivi ont été très occupés. Pour moi mais surtout pour elle. Correspondante de l'AFP a Tirana, quand les yeux du monde sont braqués sur la région, c'est des journées de 24 h.

Malgré ça, Briseida n'a pas manqué un seul jour de m' appeler, pour me donner des infos et des contacts toujours utiles, voire précieux.

Un matin, elle m'avait demandé de me rendre sans delai au bureau de Sali Berisha, chef du parti democrate, ancien président retourné à l'opposition, excellent francophone, qui m'attendait pour une entrevue exclusive. J'avais pu aussi rencontrer de hauts dirigeants du Parti socialiste alors au pouvoir.

Ça avait été comme ça pendant tout mon séjour en Albanie. Briseida réussissait même a voler quelques minutes de temps en temps pour venir prendre un café en s'assurant que tout allait très bien.

Vers la fin de mon séjour, j'ai été invité a la table familiale de Briseida. J'ai rencontré son chaleureux mari, et leur fils Marin, un petit doué de foot.

Quel excellent souvenir que cet accueil inconditionnel, uniquement motivé par l'amitié et l'hospitalité.

Je suis d'ailleurs reparti de la avec un cadeau dans les bras, une bouteille de Raki. En revenant d'Albanie, je me suis jeté sur tous les livres susceptibles de m'en apprendre plus sur ce pays peu connu mais fascinant. Évidemment , j'ai essayé de lire Ismail Kadaré. Sans jamais accrocher. Mais j'ai lu Fatos Kongoli et Besnik Mustafai, deux auteurs francophones que j'avais d'ailleurs rencontrés et interviewés.

Par l'entremise de Briseida, une journaliste très respectée, et qui de surcroit connaissait tout le monde. Après m'avoir parlé de leurs craintes et de leurs espoirs, Fatos Kongoli et Besnik Mustafaj m'ont fait prendre conscience, par leurs récits et romans, de la monstruosité ubuesque de la dictature albanaise.

Je ne suis jamais retourné en Albanie. Ce pays m'a pourtant marqué.

Merci Briseida. Tu es de ceux et celles qui rendent nos voyages inoubliables.



PS: Briseida, qui est sur Facebook, m'apprend que le petit Marin est maintenant journaliste, comme maman ! Yessss !





http://blogs.afp.com/makingof/?post%2F2013%2F10%2F11%2FEnfants-de-la-vendetta

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